"Les deux grandes passions
de Malraux, l'histoire et l'art, sont sans doute celles
de son siècle. Et pourtant, paradoxalement, cette
double passion lui aura permis de résister à
la tentation à laquelle son siècle aura
cédé plus d'une fois : celle de réduire
l'art à l'histoire, de chercher dans l'histoire
une clef pour percer l'énigme de l'art. Après
les avoir longtemps négligés, on a fini
par reconnaître dans les écrits sur l'art
de Malraux une des multiples formes de son génie.
Mais c'était encore accorder à ces écrits
une importance limitée et comme régionale.Cet
essai propose de montrer que la réflexion malrucienne
sur l'art, loin de n'être qu'une facette des préoccupations
de Malraux, est au fondement même de toute sa
pensée et de son action. Il fallait une lecture
philosophique des textes de Malraux (à travers
Aristote, les Stoïciens, Plotin, Hegel ou Spengler)
pour mettre en évidence les grandes catégories
de sa pensée et reconnaître dans la réfelxion
de l'auteur des Voix du silence et de La Métamorphose
des dieux une authentique philosophie.Cette philosophie
ne constitue, de l'aveu même de Malraux, ni une
histoire de l'art, ni une esthétique : elle vise
à approcher l'énigme de la création,
une énigme dont on ne connaîtra sans doute
jamais la solution, mais dont on peut espérer,
avec Malraux, qu'elle selaisse, comme telle, penser."Jean-Pierre
Zarader est agrégé de philosophie.
Illustration de couverture : Goya, Le
Trois mai 1808, 1814 (détail).
Du même auteur
- Petite histoire des idées philosophiques,
Ellipses, 1994.
- Vendredi ou la vie sauvage, de Michel Tournier
:
- Un parcours philosophique, Vinci, 1995. 2e
édition Ellipses, 1998.
- Philosophie
et cinéma, Ellipses, 1997.
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